L*** est un écrivain à succès. Sa dernière oeuvre a même fait l'objet d'un film d'angoisse réputé. Un an après, L*** reste en manque d'inspiration. Il a peur de ne pas être à la hauteur de sa dernière oeuvre. Il se met beaucoup de pression, accentué par les appels répétés de son éditeur qui attend son nouveau livre avec impatience. L*** décide de changer d'air. Il retourne dans la maison de son grand-père, dont il a hérité. Il espère y trouver l'inspiration. Enfant, cette maison était pour lui source d'angoisses et de cauchemars. Et si tout était réel ? Est-ce son imagination ? Ce qui est sûr, c'est que ses peurs d'enfants refont surface...
Ce court-métrage a été réalisé en 2017, dans le cadre de mon épreuve audiovisuelle du Baccalauréat.
Plus jeune, le cinéma d'horreur était mon genre préféré. Ce sont les films d'horreur et les films d'angoisse qui me faisaient ressentir des frissons et des poussées d'adrénaline. Je pense notamment aux Incidious, réalisé par James Wan, ou à un plus grand classique, Souviens-toi l'été dernier, réalisé par Jim Gillepsie. 
En voulant créer quelque chose autour de la maison que ma mère venait d'acheter, j'ai réalisé un court-métrage oppressant. La maison était une bonne base : délabrée et sale, on pouvait tout de suite ressentir une ambiance pesante en y entrant. J'aime explorer tous les horizons et pour cette fois-ci, je voulais m'essayer au film d'angoisse. J'avais envie de créer tout un décor, une ambiance qui fait partie intégrante du film.
Ennemi Intérieur fait appel à l'âme d'enfant du personnage de l'écrivain. Ses plus grosses peurs d'enfant refont surface et l'ennemi est intérieur puisqu'il peut provenir de l'imagination pure de l'écrivain, ou provenir de l'intérieur de la maison. Il y a donc deux possibilités : la chose est soit imaginaire, soit bien réelle. Le film est donc partagé entre le genre fantastique et le genre psychologique. 

Si le monstre provient de son esprit, l'ennemi de l'écrivain n'est autre que lui-même et sa peur d'enfance : le noir. En effet, la peur du noir est une phobie qui existe chez beaucoup de personne. Dans le noir, l'enfant ne se sent pas en sécurité puisqu'il ne voit rien : c'est le chaos. Il imagine des dangers potentiels, des choses qui ne sont pas humaines, des monstres qui représentent l'inconnu. C'est pourquoi le monstre de l'écrivain est une forme indistincte noire et sombre, qui montre que sa peur est le noir. 
Je joue sur la symbolique des couleurs et des costumes : lorsque le personnage est dans la maison, il n'est pas serein (il pense pouvoir trouver l'inspiration pour son livre ici mais appréhende le fait de revenir dans cette maison, surtout seul). Il est habillé de vêtements sombre. Mais lorsque le personnage est plus serein et en sécurité (comme à la fin du film), il est habillé de clair. Ainsi, le lit est aussi couvert de draps blancs, qui représentent la sécurité, l'innocence de l'enfance. S'il n'y a qu'un personnage, c'est un choix : je montre que lorsque chacun de nous se retrouve face à ses peurs, nous ressentons une énorme solitude qui ressemble bien au chaos.

Mais finalement, L*** a-t-il vraiment vécu tout ça ? 
Ou est-il simplement en train de nous compter l'histoire de son nouveau livre ?

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